train de nuit



les lumières – des points
répétés

le noir aussi

c’est la vue
d’un wagon
sa vitre

les points
s’éparpillent

des images


*


du passage dans le couloir

quelqu’un fume
je sens

en éclats
ou
doucement

des voix
à côté
elles

filent
je laisse

l’air vibre
en même temps que le train


*


la vitre
donne sur la nuit

on voit
se refléter
l’angle d’un coude

deux trains
le bruit claque

deux nuits

le coude
se perd


*


des personnes
sortent
entrent

du sommeil ils sont
les voix


*


les néons des gares aussi
tubes répétés
attirent l’œil
l’ouvrent

de lumière blanche


*


le bruit du voyage change

du vent ondulé par la vitesse
recouvre

les voix ou mon sommeil

tunnel


*


dehors
toute une ville
décalée

levée un peu
de sa colline noire

des points
jaunes orange
jetés d’eux-mêmes

tremblent


*


les choses se marquent
passantes

je ne saurais pas dire

la distance

des filaments
ici
un bloc de nuit
bougé


(Texte publié dans le numéro 29 de la revue N47)



*