rue



à l'angle des deux rues
l'ombre casse

la lumière
pleine figure

nous avons le visage coupé


*


ta peau

derrière la vitre humide

s'éclaircit

avec le reflet

du visage qui vient


*


le col
de ton t-shirt
gondole d'usure

la place est grande
tu regardes au hasard

en sueur

tes cheveux brillent


*


nuque
cheveux ras

ton crâne
brun

laisse la lumière

diffuse

tu parles avec
quelqu'un

je vois le bord
de sa tête

cerner la tienne

vôtres



(Texte publié dans le numéro 37-38 de la revue Contre-allées)



*