La main gauche écrit ; la droite, techniquement contrainte par la position du déclencheur, photographie. Chacune travaille, moins simultanément que par alternance. Mais, si photographier a la force de faire taire les mots, la poésie répond à une exigence photographique : cerner l'intensité de la vue, son urgence parmi la transparence et l'opacité des choses. Cette complicité reste souterraine ; je constate après coup que, poésie ou photographie, le regard continue, se reprend sans cesse.


Extrait d'une réflexion sur les liens entre poésie et photographie, publiée dans le numéro 30 de la revue N47.



*